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Risque climatique physique, expliqué et chiffré.

Inondation, sécheresse, chaleur, tempête : comment ces aléas touchent un bien immobilier, comment les mesurer, et ce que la CSRD et la taxonomie verte demandent d'en dire.

SCR climatique Solvabilité II : solvens et 9 aléas CMIP6

2026-10-29 · 7 min

Définition du SCR climatique selon Solvabilité II

Le SCR climatique n’apparaît pas comme une ligne distincte dans les QRT. Il résulte de la réévaluation des sous‑modules de risque de marché, de contrepartie et de souscription après intégration des scénarios de transition et de risque physique. L’ACPR et l’EIOPA attendent que les organismes démontrent comment les aléas physiques — inondations, tempêtes, sécheresses, etc. — impactent la valeur des actifs, la qualité du crédit et la fréquence‑sévérité des sinistres.

En bref - Le risque physique augmente le SCR en dégradant la valeur des collatéraux immobiliers (risque de marché), la solvabilité des emprunteurs (risque de contrepartie) et la charge de sinistres (risque de souscription), sans créer de module SCR à part entière.

L’approche réglementaire repose sur le principe de proportionnalité : un assureur dont le portefeuille immobilier représente 5 % de son bilan n’a pas la même charge de modélisation qu’un spécialiste de l’assurance construction. En pratique, la plupart des modèles internes intègrent désormais un choc climatique sur les courbes de taux, les spreads de crédit et les hypothèses de catastrophe naturelle.

carte de France montrant l’exposition aux aléas climatiques par département
Photo : Zelch Csaba sur Pexels

Intégrer les 9 aléas physiques dans le calcul

Les scénarios CMIP6 (SSP2‑4.5 et SSP5‑8.5) fournissent les trajectoires climatiques. Pour le SCR, il faut les traduire en paramètres de choc calibrés sur chaque aléa. Notre méthodologie couvre neuf aléas physiques : inondation fluviale, côtière et pluviale, tempête, feu de forêt, chaleur, sécheresse, glissement de terrain, retrait‑gonflement des argiles. Chacun s’attaque à une composante différente du bilan.

Aléa CMIP6Principal module SCR impactéVariable de choc typiqueHorizon de projection
Inondation fluvialeMarché (collatéral) / SouscriptionBaisse valeur vénale2030 / 2050
Inondation côtièreMarché / ContrepartiePerte valeur + coût défense2050
Inondation pluvialeSouscription (grêle/eau)Fréquence sinistres2030
TempêteMarché / SouscriptionVitesse vent max, période retour2030
Feu de forêtSouscription / ContrepartieSurface brûlée, probabilité ignition2030 / 2050
Chaleur extrêmeSouscription (santé) / Marché (bureaux)Jours >35 °C, productivité2030
SécheresseContrepartie (agri/industrie) / Marché (RGA)Indice humidité sols, retrait‑gonflement2030 / 2050
Glissement de terrainMarché (localisation)Probabilité aléa fort2050
Retrait‑gonflement argilesMarché (résidentiel) / SouscriptionAmplitude mouvement, coût réparation2030 / 2050

En bref - Les neuf aléas CMIP6 que nous intégrons sont : inondations (fluviale, côtière, pluviale), tempête, feu de forêt, chaleur, sécheresse, glissement de terrain, retrait‑gonflement des argiles. Chacun cible un sous‑module SCR précis selon la nature de l’exposition.

La difficulté technique réside dans l’agrégation. Les corrélations entre aléas (sécheresse et RGA, tempête et inondation pluviale) ne sont pas fournies par les modèles climatiques globaux. Nous utilisons les courbes de dommages du JRC pour convertir l’intensité de l’aléa en taux de dommage moyen par type d’actif, puis nous appliquons les facteurs d’émission ADEME pour la cohérence transition. Notre analyse de dégrossissage ne remplace pas un audit d’ingénierie, mais elle permet de hiérarchiser les actifs à risque en quelques minutes depuis une adresse.

schéma du flux de calcul SCR ajusté risque physique : aléa CMIP6 → courbe dommages JRC → EAL → choc SCR
Photo : Nataliya Vaitkevich sur Pexels

Exemple chiffré : portefeuille de 50 immeubles

Prenons un portefeuille bancaire de 50 immeubles de bureaux et commerces en France métropolitaine, valeur totale 120 M€. L’analyse granulaire à l’adresse révèle une perte annuelle attendue (EAL) actuelle de 420 k€, soit 0,35 % de la valeur. Sous SSP5‑8.5 à l’horizon 2050, l’EAL grimpe à 1,8 M€ (1,5 % de la valeur), tiré principalement par l’aggravation des inondations pluviales (+320 %) et du retrait‑gonflement des argiles (+210 %).

En bref - Sur 50 immeubles (120 M€), l’EAL passe de 420 k€ (0,35 %) à 1,8 M€ (1,5 %) en 2050 scénario SSP5‑8.5. L’impact SCR se concentre sur le risque de crédit (+3,2 M€ provisions IRB) et le risque de marché (+1,1 M€ choc spread), porté par inondations pluviales et RGA.

Exemple : pour un immeuble de 2,4 M€ en zone argileuse forte (Sud‑Ouest), l’EAL RGA passe de 3 k€/an aujourd’hui à 28 k€/an en 2050. Sur le portefeuille, cela se traduit par une provision de risque de crédit supplémentaire de 3,2 M€ sous approche IRB, et une majoration du SCR marché de 1,1 M€ via le choc de spread immobilier. Le Banker Pack que nous générons consolide ces chiffres par actif et par aléa, prêt à être joint au dossier de crédit ou au rapport ORSA.

L’année de stranding CRREM intervient dès 2035 pour 12 % des actifs du portefeuille, ce qui accélère la dépréciation comptable et alourdit le SCR de transition. Le plan de réduction chiffré (isolation, pompes à chaleur, gestion eau) ramène l’EAL 2050 à 1,1 M€ pour un CAPEX estimé à 4,8 M€, soit un retour sur investissement risque sous 7 ans.

graphique comparatif EAL actuel vs 2050 par aléa pour le portefeuille
Photo : RDNE Stock project sur Pexels

Lien avec le reporting CSRD/TCFD

Le règlement CSRD (ESRS E1) et les recommandations TCFD exigent la publication des risques physiques matériels, des scénarios utilisés et des métriques de résilience. Le SCR climatique devient une métrique quantitative commune : il traduit en euros de capital l’exposition physique que le rapport narratif décrit qualitativement. Les auditeurs attendent la cohérence entre le choc SCR déclaré dans l’ORSA et les montants d’EAL publiés dans le rapport de durabilité.

Nous fournissons l’empreinte carbone à partir des factures ou de références sectorielles, l’année de stranding par actif selon l’approche CRREM et un plan de réduction chiffré. Ces données alimentent directement les tableaux ESRS E1‑9 (anticipation financière) et E1‑6 (performance énergétique). Le Banker Pack, mis à jour à chaque nouvelle projection CMIP6, sert de pièce justificative unique pour les commissaires aux comptes et les superviseurs.

Points de vigilance pour les actuaires

Trois écueils reviennent dans les dossiers que nous relisons. Premièrement, l’utilisation de scénarios uniques (souvent SSP5‑8.5 seul) sans analyse de sensibilité SSP2‑4.5, ce que l’EIOPA considère comme une faiblesse de gouvernance. Deuxièmement, l’omission du risque de transition croisé : un actif physiquement résilient mais énergivore voit sa valeur chuter par stranding réglementaire, ce qui double le choc SCR marché. Troisièmement, la granularité insuffisante : agréger au niveau régional lisse les pics d’aléa (crues flash, poches d’argile) qui concentrent 80 % de l’EAL sur 15 % des adresses.

Notre méthodologie s’appuie sur les courbes de dommages JRC, les scénarios CMIP6 et les facteurs d’émission ADEME. Nous proposons un essai gratuit pour analyser un bien (adresse, type, valeur, année) et obtenir son score de risque et sa perte annuelle moyenne. Le rapport approfondi à 29,99 € par actif, relu par un analyste, détaille les 9 aléas, les pertes en euros selon scénarios SSP2‑4.5/SSP5‑8.5, l’empreinte carbone, l’année de stranding CRREM et le plan de réduction. Pour les établissements financiers, le Banker Pack consolidé s’intègre directement dans les processus KYC et ORSA.

Questions fréquentes

Comment le risque physique modifie‑t‑il le SCR sous Solvabilité II ?

Le risque physique n’ajoute pas de module SCR dédié. Il majore les chocs existants : dépréciation des collatéraux immobiliers (risque de marché), dégradation de la solvabilité des contreparties exposées (risque de crédit), hausse de la fréquence‑sévérité des catastrophes naturelles (risque de souscription). L’agrégation se fait via le modèle interne ou la formule standard recalibrée.

Quels aléas CMIP6 doivent être intégrés dans le calcul du SCR climatique ?

Notre méthodologie intègre neuf aléas physiques pour une couverture complète : inondation fluviale, côtière et pluviale, tempête, feu de forêt, chaleur extrême, sécheresse, glissement de terrain, retrait‑gonflement des argiles. Chaque aléa doit être projeté sous au moins deux scénarios (SSP2‑4.5 et SSP5‑8.5) aux horizons 2030 et 2050 pour satisfaire aux attentes de l’ACPR et de l’EIOPA.

Quel exemple chiffré illustre l’impact sur un portefeuille bancaire ?

Sur un portefeuille de 50 immeubles (120 M€), la perte annuelle attendue passe de 420 k€ (0,35 %) aujourd’hui à 1,8 M€ (1,5 %) en 2050 sous SSP5‑8.5. Cela génère 3,2 M€ de provisions de risque de crédit supplémentaires (approche IRB) et 1,1 M€ de majoration du SCR marché via le choc de spread immobilier, concentrés sur inondations pluviales et retrait‑gonflement des argiles.

Quel est le risque climatique de votre bien ?

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